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Les deux premières expéditions
européennes en Egypte furent danoises. La première (1737-1738), dirigée par
Frederik Ludvig Norden partit d’Alexandrie et remonta le Nil jusqu’en Nubie.
Norden fit réaliser de nombreux plans, dessins des sites visités, cela de
nombreuses années avant les savants de l’expédition de Bonaparte. En 1761, le
roi Frederik V fit envoyer une seconde expédition. Celle—ci, dirigée par
Carsten Niebuhr explora l’Egypte et le Yémen. Ainsi, l’Egypte fut redécouverte
en Europe ! Les très riches musées danois gardent d’importantes traces de
ce passé égyptophile. Les collections de la Glyptothèque sont parmi les plus
belles au monde.
Par Céline Talon, historienne de l'art et restauratrice d'art
« Orientalisme » évoque généralement les rêveries exotiques et visions fantasmées des artistes européens du XIXe siècle, tels Eugène Delacroix, Jean-Léon Gérôme ou Lawrence Alma-Tadema, dont les reconstitutions extrêmement détaillées ont durablement façonné notre manière de visualiser les cultures du Proche et du Moyen-Orient.
Dans
le sillage de l’exposition du Louvre-Lens Par-delà les Mille et Une
Nuits. Histoires des orientalismes, cette conférence se propose de
partir des Croisades — moment d’intensification des échanges entre
mondes latin, byzantin et islamique — et d’examiner la présence de
l’Orient en Occident sous diverses formes : objets importés et
réemployés, récits de voyage, descriptions savantes, mais aussi
présences humaines, animales et végétales.
À travers un bassin mamlouk recyclé en baptistère, une soie persane
utilisée comme textile liturgique, un tapis anatolien présenté dans
un intérieur flamand, les portraits renaissance de dignitaires ottomans
ou encore le développement des jardins botaniques et zoologiques, nous
explorerons comment l’Occident a fabriqué un autre « Orient », à la
fois factice et merveilleux. Celui-ci ne sera remis en cause qu’avec les
expéditions de Napoléon Bonaparte et l’émergence d’une pensée plus
savante — même si, paradoxalement, cette approche plus scientifique ne
remplacera pas les images d’un Orient fantasmé : les deux coexistent,
voire se nourrissent l’une de l’autre.

